Écrire l’histoire de sa famille à partir de photos et d’archives
Une boîte à chaussures pleine de photos, un livret de famille, quelques lettres jaunies : c’est souvent tout ce qu’il reste d’une famille. Et c’est largement assez pour commencer un livre. Voici la méthode que j’utilise pour les biographies familiales, applicable chez vous avec un peu de temps et de patience.
1. Rassembler sans trier, puis trier
Faites d’abord le tour de la famille : chaque branche a ses photos, ses papiers, ses objets. Demandez des scans ou des photos de téléphone plutôt que les originaux. Ensuite seulement, classez par époque et par personne. Un tableau simple suffit : qui, où, quand, source.
2. Dater et identifier les photos
Retournez chaque photo : une date, un prénom, un lieu au crayon valent de l’or. Sans mention, les indices sont nombreux : le format et le bord dentelé du tirage, les vêtements, les voitures, les enseignes, l’âge apparent des personnes que vous connaissez. Montrez les photos non identifiées aux aînés : c’est le meilleur déclencheur de souvenirs que je connaisse.
3. Faire parler les aînés
Les archives donnent les dates, les témoins donnent la vie. Enregistrez vos conversations et servez-vous des 50 questions à poser à ses grands-parents. Un conseil de biographe : interrogez séparément les frères et sœurs. Les versions diffèrent, et ces différences font souvent les meilleures pages.
4. Consulter les archives
- Le livret de famille et les actes d’état civil (naissance, mariage, décès) fixent la chronologie. Les actes de plus de 75 ans sont consultables librement, et les Archives départementales de l’Aisne, comme celles de la plupart des départements, ont mis l’état civil ancien en ligne.
- Les recensements, les registres matricules militaires et les listes électorales révèlent les adresses, les métiers et les parcours des hommes mobilisés.
- La presse ancienne numérisée raconte le village, l’usine, la fête, l’accident dont parlait grand-mère.
- Les papiers de famille : lettres, carnets, factures, diplômes, faire-part. Lisez tout, même l’ennuyeux : une facture dit où l’on achetait, et combien.
5. Choisir une structure
Par génération, du plus ancien ancêtre connu jusqu’à vous ; par lieu, maison après maison ; ou par thème, les métiers, les guerres, les mariages. Pour une famille à deux ou trois branches, le plan par génération reste le plus lisible. Gardez les arbres généalogiques en annexe, le récit en corps de texte.
6. Écrire, puis assembler le livre
Écrivez des scènes, pas des fiches : le départ du grand-père pour la mine, le jour où la ferme a été vendue. Chaque chapitre peut s’ouvrir sur une photo commentée. Pour la mise en page et l’impression en plusieurs exemplaires, un pour chaque foyer, voyez les étapes décrites dans Auto-éditer son livre.
Et si vous préférez déléguer ?
C’est mon métier : je mène les entretiens avec les aînés, je numérise et légende les documents, j’écris et je mets en page. Les formules et les prix sont ceux du récit de vie, détaillés sur la page Tarifs. Je me déplace dans toute l’Aisne et je travaille à distance pour les familles dispersées.